Jigeenu Weer Wi #1 - Feue Eugénie Aw Ndiaye

Née en 1952 et décédée le 03 juillet 2022 à l’âge de 70 ans, Eugénie Rokhaya Aw a marqué ses empreintes à jamais dans l’histoire du Sénégal, reconnue de par son courage, sa détermination et sa grande générosité.


C’est à l’Université de Dakar qu’elle étudia la philosophie. Passionnée par les arts, elle commence à contribuer à des journaux comme critique d’art notamment dans le journal Dakar matin, puis à travailler comme journaliste.


En 1970, le quotidien Dakar -Matin devient Le Soleil. En 1976, elle est renvoyée du journal pour des positions contraire à la ligne éditoriale du journal. C’est l’époque du parti unique, puis d’un nombre très restreint de partis autorisés. Les autres organisations politiques sont illégales et doivent agir clandestinement. C’est dans ce cadre, qu’elle fait l’objet d’une première condamnation, de quelques mois de prison, sous le régime du président Léopold Sedar Senghor, puis une seconde fois de quelques jours sous le régime du président Abdou Diouf.


Avec l’aide du cardinal Hyacinthe Thiandoum, elle retrouve toutefois du travail pour Afrique Nouvelle publication catholique diffusant dans toute l’Afrique de l’ouest et basée à Dakar , et dans l’intervalle, elle intervient comme consultante mais aussi comme responsable francophone de la communication pour la Conférence des Eglises de toute l’Afrique, organisation œcuménique basée à Nairobi, et regroupant notamment les différentes églises protestantes, avec des actions dans le domaine social, et à l’époque dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud . Pour le quotidien L'Afrique nouvelle, elle participe à la conférence internationale des femmes de Copenhague en 1980. Dans cette conférence, les contacts avec les Québécoises l’enchantent, « leur manière directe de dire, leur façon d'être », ainsi que leur quête d’identité.


Revenue à Dakar, elle assume le secrétariat de l’Association des professionnelles africaines de la communication, et organise un séminaire des femmes journalistes francophones.


En 1988, elle obtient une bourse d'excellence de la Francophonie qui lui permet de reprendre des études pour une maîtrise en communication à l'université du Québec à Montréal, (UQAM). Elle reste 14 ans au Québec, appréciant les échanges et la vie intellectuelle dans cette province, sans envisager pour autant de devenir citoyenne canadienne. Des missions pour le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) l’amènent à voyager en Afrique et notamment au Rwanda en 1994, peu de temps après le génocide rwandais. Son mémoire, pour son PHD, en 2001 , porte sur les «Paroles de femmes rwandaises, de la culture du génocide à la culture de la paix, 1994-1999».


Elle est de retour à Dakar en 2002. Elle enseigne au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI), une école de journalisme créée dans les années 1960 avec l'aide de l'UNESCO et rattachée à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar .


En 2005, elle est la première femme à prendre la direction du CESTI, de 2005 à 2011. Un de ses combats à la tête de cette direction était de faire des femmes journalistes des leaders et travailler aussi avec les médias et les femmes sur les questions de sécurité. Elle continue après 2011 à participer à la réflexion sur les médias, la formation des journalistes, l’évolution du journalisme, les relations hommes/femmes, les médias et la violence, etc.


Depuis l’annonce de son décès, des témoignages sur la toile montrent unanimement sa passion pour le métier du journalisme, de la communication, son sens du devoir, de l’engagement, le gout du travail bien fait qu’elle laisse comme leg aux générations actuelles et futures.


Mme Eugenie Rokhaya Aw Ndiaye fut élevée à titre posthume au grade de Commandeur de l’ordre national du Lion par le président Macky Sall.


La commission JigeeniNdeer

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